henri lust architecte

UNE. VIE, DES PROJETS

J’ai voulu, dans cette rétrospective, passer en revue, par ordre chronologique, quelques exemples de réhabilitations et restaurations, ainsi que de constructions, que j’ai réalisées au fil d’une vie déjà longue, à titre personnel  ou pour des clients.
Les textes qui précisent les enjeux de ma démarche, les questions esthétiques aussi bien que techniques posées par  chacune d’entre-elles, sont enrichies  par des photos d’époque retrouvées dans mes archives, et des articles  parus dans diverses revues d’architecture et de décoration.

Et ainsi, transmettre ma vision du rapport étroit qu’entretiennent ces maisons et la vie de leurs occupants, le rapport au temps et à la nature environnante, la symbiose que j’ai toujours recherchée.

Vous retrouverez toutes ces réalisations classées dans 2 menus en haut de la page selon qu’il s’agisse de projets personnels ou de commandes de clients.

RÉHABILITATION ET RESTAURATIONS DE BÂTIMENTS ANCIENS OU HISTORIQUES.

Arracher à leur décrépitude, faire renaître  fermes anciennes, moulins à eau, commanderies, châteaux.., qu’ils soient classés ou non, restés debout comme par miracle en dépit de leurs murs branlants sous une végétation qui les étouffe, ce fut la passion de ma vie.

Tirer de l’oubli ou de l’indifférence, ces édifices en ruines que le paysage oblitére et absorbe, pour  en révéler la beauté, et du même coup faire entendre la puissance  du témoignage  qu’ils recèlent, tel est mon crédo.

UNE ARCHITECTURE SANS. ARCHITECTE…RESTITUÉE PAR UN ARCHITECTE.

A partir  des éléments qui ont échappé à l’usure du temps et aux aléas de l’histoire, l’exercice  consiste à reconstituer un tout cohérent dans le respect de l’intention initiale du concepteur, tout en l’adaptant  aux contraintes d’un habitat  contemporain au diapason du lieu et de ses habitants.

L’exercice  exige, au préalable, de réaliser de minutieuses recherches relatives à l’architecture vernaculaire propre à la région et aux  divers contextes  historiques où furent construits les bâtiments. Le résultat de ces enquêtes, qui s’appuient  sur diverses sources écrites et iconographiques, à servi de base de référence pour décider des travaux à réaliser dans le respect des lieux dans le temps et dans l’espace.

J’ai toujours veillé à traiter les aménagements  tant extérieurs qu’intérieurs avec un grand souci d’authenticité, en respectant  les signes de vieillesse, la pente d’une toiture, la courbe d’un faîtage, la taille des lucarnes, le fruit d’un mur , la patine d’un enduit. Ainsi qu’à utiliser  de préférence des matériaux  anciens et de récupération : la pierre, la terre cuite, le fer, le bois, le verre, en excluant les matériaux issus de l’industrie  du bâtiment, ainsi qu’à incorporer avec discrétion les installations techniques dans l’aménagement des espaces intérieurs, en accordant une attention toute particulière à l’utilisation d’appareils lumineux  propres à créer  une ambiance  chaude et apaisante.

Quant à l’aménagement des jardins, je me suis attaché à les accorder avec à la note dominante  du bâti, en utilisant des éléments structurants

Par le jeu  des haies de buis, de charmes taillés, le jardin d’agrément, le potager  et le verger, soigneusement différenciés, acquièrent ainsi  chacun leur propre atmosphère.

Les constructions neuves, un exercice de style. 

Les prérequis se posent en d’autres termes, puisque les bâtiments sont imaginés en amont sur plan et peuvent donc être disposés au mieux et organisés en fonction du désir de ses futurs occupants, de leur mode de vie, sans devoir tenir compte des contraintes que l’on trouve dans les maisons anciennes.

L’adaptation au terrain est une constante essentielle, surtout lorsqu’il est en pente, de façon à s’y adapter sans en modifier le relief, ainsi qu’en cherchant à utiliser au mieux la lumière naturelle.

A ce propos, les différents constructions contemporaines que je présente dans cette rétrospective, rejoignent le principe de fonctionnalisme énoncé en 1896 par l’architecte américain Louis Sullivan : « form follows fonction », c’est à dire que la forme.  et l’apparence extérieure d’un bâtiment et ses autres caractéristiques architecturales doivent refléter  son usage. « Si les aspects fonctionnels sont respectés, la beauté architecturale en découlera naturellement ». Au fil des années, cette  idée  a pris de l’ampleur et s’est développée, visant. à créer une architecture  où l’utilité  et la beauté jouent dans la même cour.

Quant aux projets de bâtiments ayant une autre destination que l’habitation (hôtels, restaurants, club de golf, centres équestres…), l’approche est toujours la même : l’adaptation au site, la différentiation affirmée des différentes fonctions, les lignes architecturales épurées et l’utilisation de matériaux naturels, mais ici, chaque cas est un cas d’espèce.

Et tout cela fait une vie…

Il ne fait aucun doute que ce sont mes réalisations personnelles, les demeures où je souhaitais vivre en famille, les partager avec ceux que j’aime, qui traduisent le mieux la vision que j’ai de la vie
Pour chacune d’elles, mon désir le plus profond était d’y vivre selon les valeurs auxquelles je tiens par dessus-tout, la sérénité propice à des relations  humaines apaisées, et l’ouverture sur la nature, loin du  bruit et d’agitations déraisonnables.

Le vrai luxe, qui devrait être mis à la portée de tous, et non pas  réservé à une petit minorité  de privilégiés par la fortune ou la culture, c’est un rapport à l’espace et au temps qui échappe à l’enfermement et à l’artificiel : entrendre  le bruissement des feuilles, le chant d’un oiseaux, le rythme de sa propre respiration dans un lieu silencieux, n’a pas de prix.

Il y a dans la représentation que je me fais du bonheur, une tentationt qu’on pourra accuser   d’être d’inspiration autarcique. Je ne nie pas cette tendance dont je reconnais  qu’elle recèle le danger  de repli égoïste  sur soi  ou sur un cercle étroit. Cependant autarcie ne veut pas dire  forcément ignorance de l’autre  et isolement. C’est pourquoi nous avons toujours tenu, Jacqueline, ma femme, et moi, à faire de nos demeures  des lieux de contacts sociaux, en ouvrant nos portes aux amis  et visiteurs, en y organisant des manifestations culturelles (concerts, conférences, expositions, journées du patrimoine..) ou pour des événements familiaux (réceptions, mariages).

Ecologiste avant  que l’expression ne soit à la mode, la préservation des écosystèmes et de la biodiversité à constitué une dimension essentielle de tous  les projets que j’ai réalisés. Elle est une cause.  que je défends « inguibus et rostre », depuis la découverte. du Moulin de la Ramée à Jauchelette en Brabant Wallon  en 1964 jusqu’à aujourd’hui en Quercy…et au-delà. j’espère.

On l’aura compris, ma démarche  d’architecte a voulu s’inscrire dans une philosophie plus large de la vie.

Toutefois, au vu de l’évolution de l’état du monde, cette étape. est à présent  dépassée, on ne peut se contenter de constater les dégâts  environnementaux causés par le réchauffement climatique en progression  asymptotique, sans s’insurger contre les politiques adoptées par les gouvernements, basées sur la croissance infinie, car arrivée à un certain niveau , la bulle éclate. et on sera obligés, sous peine de disparaître, à en revenir à ce qu’à professé Pierre Rabhi qui, en deux mots : sobriété heureuse », a synthétisé  la marche à suivre  pour tenter de sauver notre humanité.

Les mouvements sociaux actuels  qui émanent de la jeunesse me font espérer  qu’enfin des mesures  concrètes seront prises par les gouvernements pour assurer  un avenir viable à notre planète, lui restituer ou au moins la préserver  dans toute  la richesse de sa diversité  biologique, en chute libre actuellement. Mais. je ne me nourris pas d’illusions sur le rôle  des états et de leurs gouvernants, le changement  se fera par la base et les gestes de chacun d’entre nous, au risque, sinon,  par un pouvoir autoritaire contraignant de type dictatorial.

Amateurs d’architecture, de paysages, de villes ou de villages, ou simples curieux, je souhaite que vous preniez autant de plaisir à feuilleter ces pages que j’en ai eu à découvrir et redonner vie à ces demeures  qui ont toutes gardé une âme et sont autant de moments de vie.

Amateurs d’architecture, de paysages, de villes ou villages ou même simples curieux, je souhaite que vous preniez autant de plaisir à feuilletter ce site que j’en ai eu à redonner vie à ces demeures qui ont toutes une âme et sont autant de moments de vie.

Bonne lecture à tous, Henri Lust.

Il m’est apparu intéressant, à l’aube de mes 90 ans, de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, moi qui ai toujours tenu à regarder devant, à chercher le futur projet qui allait me mouvoir et m’émouvoir.

Je tiens à remercier tout particulièrement mon épouse Jacqueline, qui m’a épaulé durant toutes ces années consacrées à ma profession d’architecte, pour ses conseils et son soutien de tous les instants, aux dépens de notre vie familiale.

En outre, son apport au niveau de la décoration a été primordial pour la réussite de toutes ces réalisations.

Merci également à mes collaborateurs, grâce à l’aide desquels la plupart des projets rangés dans la catégorie « Réalisations Professionnelles », ont été mis en forme et réalisés ; je pense tout particulièrement à : Philippe Massart,  dessinateur-projeteur ;  Hugo Delrue, dessinateur-projeteur et ingénieur responsable chantiers ; Brigitte Taminiaux, architecte d’intérieur,

et en tant qu’architectes stagiaires :  Marc Lust, Hervé Pierart et Marc-Antoine Ruzette.                                                                                                                                                                         

Ce site à été réalisé par Jeremy Pons, conseil en communication et création graphique.